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Jadis en forêt

Le bûcheron

Ces « hommes des bois » partaient souvent en forêt pour plusieurs semaines avec toute leur famille. Ils construisaient des huttes de branchages en forme de tipis et organisaient tant bien que mal leur vie en plein air.

A l’époque où l’on ne connaissait pas la tronçonneuse, le travail du bûcheron était rude. Il abattait les arbres à l’aide d’une grande hache s’appelant la « cognée ». Une fois les troncs élagués, il fallait les débarder à travers bois à l’aide de puissants chevaux ou les amener à la rivière sur laquelle on les faisait flotter. On pouvait également débiter les troncs sur place. Avec une « coin » et une « masse » on refendait le bois, l’entassait en tas bien carrés le long du chemin. Il était vendu en « corde » ou en « stère ».

L’autre travail du bûcheron était l’écorçage: grâce à un couteau bien affilé pour inciser l’écorce du chêne à la montée de la sève, le bûcheron décollait l’écorce qui était réduite en poudre au moulin. Ce tannin, utilisé pour le tannage des peaux était notamment vendu à la tannerie RATY, à Bouillon.

LE FACONNAGE DU BOIS représenté par un personnage exposé à LA FERME DES FEES (Les Hayons)
LE FACONNAGE DU BOIS représenté par un personnage exposé à LA FERME DES FEES (Les Hayons)

 

Le charbonnier

C’est du mois de mars au mois de novembre que les charbonniers s ’installent sur les lieux où s’est effectuée une coupe forestière. Ils construisent des huttes de branches et de gazons qui leur permettent de vivre sur place.La construction très élaborée en forme de cône destinée à produire le charbon de bois s’appelle la faude.
Autour d’une cheminée centrale formée de bûches posées en triangle jusqu’à une hauteur de 2 mètres, le charbonnier dresse des bûches en circonférence concentrique qui atteindra plus ou moins 4 mètres de rayon. La surface latérale de la faude est alors recouverte de couches de feuilles mortes et de terre (+/- 10cm).
Cette épaisse couche permet au bois une lente carbonisation car il y passe peu d’air. On entasse du charbon dans la cheminée puis on l’allume. On ferme l’orifice en jetant dessus un grand carré de gazon. On comble les orifices restant avec du charbon puis on bouche avec de la terre. De temps en temps, le charbonnier troue çà et là la couverture latérale pour donner de l’air au foyer si nécessaire. L’opération dure plus ou moins 10 jours. Alors il faut éteindre le brasier en l’empêchant de flamber grâce au « battage » avec des râteaux. Après une journée, lorsque la faude est tout à fait refroidie, l’ouvrier dégage le charbon de bois à l’aide d’un croc en fer à deux longues dents. Une faude produisait environ 40 stères de charbon.

charbonnier

 

Le naiveu

Par facilité, les bûcherons avaient recours à la rivière pour transporter le bois. D’énormes radeaux sont construits avec des fagots et des perches reliées entre eux par des liens de branchages. Ces « naivées » transportent les troncs.
Les « naiveus » dirigent le tout à l’aide du « ferré » (grande gaffe à pointe de fer). Parfois, le bûcheron lance directement les bûches à l’eau ; ça s’appelait le flottage à perches perdues.
Elles sont entraînées par le courant jusqu’au lieu de repêchage grâce à une « batte », barrage fait de longues perches.
Les bûches sont stérées et transportées par charroi ensuite.

flottagebois