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Evolution des métiers

 

Pendant près de trois siècles, des hommes ont pu travailler dans les industries de La Cornette et du Maka. Presque tous les foyers élevaient du bétail pour le lait. Ceux qui n’avaient pas de vaches tenaient quelques chèvres laitières. On cultivait le fourrage, quelques céréales de seconde importance et le fameux tabac de la Semois. On chassait, on pêchait, on braconnait…L ‘hiver, le cultivateur se faisait bûcheron, confectionnant du bois de chauffage ou des fagots qui entretenaient les fours à pain et il nourrissait son bétail en étable. Le village était plus animé. Il y avait un boulanger, un cordonnier, un menuisier, deux ou trois épiceries. Les produits y étaient vendus au poids (riz, farine, café vert ou grillé, etc…). L’épicière n’utilisait pas encore de caisse enregistreuse et faisait l’addition au dos d’un kilo de sucre. Le pain, le lait, les pommes de terre, les légumes du jardin, la confiture maison, les fruits de saison et le lard étaient les produits de grande consommation et constituaient la nourriture de base. Certaines ménagères possédant des poules allaient fournir des oeufs à l’épicerie en paiement d’une autre marchandise quand elle ne les utilisait pas à la confection des gaufres pour le dimanche. La maîtresse de maison fabriquait aussi sa propre bière de ménage. On ne buvait du vin que très rarement.A la belle saison, les gens se rendaient à pied au local d’écrémage, aux fontaines pour laver le linge ou aux pâtures avec le bétail. Les cultivateurs battaient le grain au fléau, martelant d’un bruit sec l’aire des granges. Dans les exploitations plus importantes, le battage mécanique n’a commencé que quelques années après l’électrification du village (1928).

Durant l’hiver, dans chaque maison, on tuait un ou deux cochons. Les frigos et congélateurs n’existaient pas; la viande, le lard et les jambons étaient salés. Après quelques semaines, le lard et les jambons étaient mis à sécher , puis à fumer dans l’âtre. Lors du sacrifice du cochon, on portait un morceau de boudin ou une tête pressée aux parents et bons amis

Le transport des foins par un attelage de quatre chevaux

Le transport des foins par un attelage de quatre chevaux

 

Dans les années ’30, de temps en temps, une voiture traverse Les Hayons; c’est souvent un médecin ou un vétérinaire. Un boucher passe une fois par semaine avec une petite camionnette chargée de victuailles avec laquelle il transporte aussi les porcs à l’abattoir. Le boulanger de Fays – les – Veneurs, monsieur Léonard, livrait son pain au village. Il se fournissait en fagots chez Joseph COULON, père d’Arsène, d’Albert et d’André. Il faisait sa tournée à l’aide d’une voiture tirée par un cheval. . Le transport des pommes de terre vers les gares environnantes se fait par attelages tandis qu’au retour ces charrois ramenaient les engrais nécessaires à l’agriculture. Il en est de même pour le transport de matériaux utiles aux rares constructions ou rénovations de maisons (deux maisons furent construites à Les Hayons entre 1930 et 1940). La pierre était extraite aux abords immédiats du village ou provenait d’une démolition. Le réseau routier communal était souvent en mauvais état. Seules les routes de l’ Etat étaient asphaltées. Une fois par mois, à l’occasion du marché à Bertrix, un garagiste de cette localité venait chercher les villageois et les ramenait dans sa camionnette. Le village n’a été desservi par un autobus qu’à partir de 1953: service Bouillon-Bertrix aller et retour, deux fois par jour. Les gares vicinales les plus proches étaient Noirefontaine (5km) ou Mogimont (6km). Les gares SNCF étaient Paliseul (13km), Offagne (11km) ou Bertrix (13km).

Mais revenons à notre village: c’est après 1936 qu’ y sont apparues les premières automobiles. Nous avons cité plus haut quelques commerçants ambulants comme le boucher ou le boulanger. N’oublions pas le quincaillier, qui, en plus de la vaisselle, vendait des outils de jardinage et une quantité de manches en bois. Il y avait aussi le marchand de fauteuils et d’article en osier et le marchand de pétrole pour l’éclairage, qui n’est plus passé après 1928. Un homme passait régulièrement acheter les peaux séchées de lapins domestiques au prix de 50 centimes (1 Euro = 40,33francs belges). Ces peaux servaient à la confection d’articles en fourrure. Jules Birtelle (dit le Djô-Djô), un marginal venant de Bouillon, ramassait les chiens dont les gens voulaient se débarrasser.Il les tuait et les pelait. Avec leur cuir, il confectionnait des lacets pour les revendre. Régulièrement, certains artisans passaient dans le village: l’aiguiseur, le ramoneur, le rétameur et le maréchal-ferrant. Celui-ci avait à sa disposition un petit local, plus bas que l’église, où il apportait les soins aux pieds des chevaux. A la demande, les villageois s’offraient les services d’autres artisans ambulants: le bourrelier, la couturière professionnelle, la lavandière, le fabricant de cigares, le fabricant de plaques pour chariots et charrettes (ces véhicules dévaient être munis d’une plaque métallique portant un numéro, le poids à vide et le poids de la charge supportée-ces plaques de dimensions 25cm par 15cm étaient « imprimées » à l’aide d’acide). Tous ces artisans étaient nourris et quelquefois logés par les gens qui les occupaient.

A l'extrême gauche, le hangar où officiait le maréchal-ferrant: monsieur Grosfils

A l’extrême gauche, le hangar où officiait le maréchal-ferrant: monsieur Grosfils

 

Au fil du temps et le progrès aidant, ces petits métiers disparurent . En face de l’église, avant la dernière guerre, se trouvait encore la menuiserie de monsieur Robinet. Cà et là, des ménages tenaient un café ou café-épicerie. A cette époque, le village comptait six café dont trois épiceries. Ils étaient tenus par Christiane Dams, Ida Body, Guillemine Pierre, Albert Robinet, Joseph Lebas et Joseph Godfrin.
La population du village fournissait également (encore aujourd’hui) pas mal de main d’œuvre à la célèbre Auberge du Moulin Hideux située à quelques trois kilomètres, sur le territoire de Noirefontaine. Un des derniers chefs de cuisine, Philippe DURET réside à Les Hayons, c’est un natif du village.En 2010, Philippe quitte les rangs du Moulin Hideux pour aller offrir ses services à la non-moins célèbre enseigne du « Gastronome » à Paliseul, puis du « Florentin » à  Florenville. Aujourd’hui, le « piano » est entre les mains de Julien Lahire, fils des propriétaires et patron.

Avant la fusion des communes en 1975, on trouvait un bourgmestre et ses échevins, un secrétaire communal et des employés et/ou ouvriers communaux..

Le dernier café a fermé dans les années ’90. il était tenu par Guillemine DEPIERREUX, épouse d’Emile PIERRE qui était négociant en bières. Après sa mort, Josette, une des filles qui habitait Mogimont, ouvrait l’établissement le dimanche et les trois jours de kermesse.

cafepierre

 

Le prêtre ne réside plus au village.
Le presbytère a été vendu et est maintenant un gîte touristique qui porte le joli nom de « Les Anges ». Il est tenu par un couple sympathique, Yamina et Steven CAPIAU. Il y a 5 gîtes à Les Hayons. (voir rubrique hébergements.)

En 1980, le village comptait encore deux éleveurs moyens de vaches laitières : Arsène COULON (et son fils Bernard) et Paul GODFRIN (et son fils André). Cinq ou six autres familles élevaient encore quelques vaches ou quelques moutons.

Aujourd’hui il ne reste que Bernard COULON qui possède encore une cinquantaine de vaches et pratique la culture du maïs. En raison de la chute vertigineuse des quotas laitiers, Bernard ne pratique plus que l’élevage du bétail viandeux.
L’autre, André GODFRIN, a cessé l’élevage et a cédé ses terrains pour la culture de sapins de Noël.

La culture du tabac a totalement disparu surtout pour des raisons de fiscalité.

En plus du cultivateur et des tenanciers de gîtes, nous trouvons quelques indépendants installés et exerçant au village.

– Miguel MACOR : entrepreneur en bâtiment
– Marie–Laure ALFF et Michel VAN DEN BROECK : propriétaires de la Ferme des Fées.

Le reste de la population active exerce en-dehors du village de multiples professions principalement dans la région.
On remarque aujourd’hui un intérêt croissant de certains particuliers pour les chevaux de selle.
Les Hayons est devenu un village – dortoir où il fait bon vivre.
Le camping du Maka, situé à un petit kilomètre, sur la Semois, se trouve sur le territoire d’Auby (Bertrix).